dimanche 15 janvier 2012

Dure dure la vie d'admin



Avec du recul je me dis encore que j'aurais du refuser la proposition de mon vieux pote Fuck (pour ceux que ça choque c'est vraiment le diminutif de son nom, allez savoir ce que les agents d'état-civil qui ont transcrit ça ont fumé) de rejoindre son équipe d'administrateurs de forum il y a quelques années. Et pourtant en y repensant je n'était pas vraiment en mesure de refuser, le challenge semblait intéressant surtout qu'il était question d'essayer de devenir un des plus grands boards du genre. Des années après on n'est pas loin d'avoir tenu le pari avec succès, même si pour ce qui est des finances il faudra repasser. Pas si grave en ce qui me concerne, je n'ai pas à m'en faire sur ce plan (et heureusement d'ailleurs sinon on aurait mis la clé sous le paillasson à force de charbonner). 

En fait la seule chose qui me les brise un peu ce sont les réactions des forumeurs ceux qu'ont appelleraient "les clients" selon la terminologie capitaliste. Je relisais la note d'un autre membre du staff résidant dans le pays à Marianne où un tiers de l'électorat pense encore qu'une élection viendra changer sa vie comme par enchantement. Ce mec m'assurait n'avoir rien à branler des membres du board. Selon lui ils ne sont qu'une suite binaire et des pixels sitôt oubliés une fois le PC éteint. J'y crois moyen surtout que ce mec se fait un plaisir de clasher les sympathiques glandeurs qui nous font l'honneur de passer par là à la moindre occasion. Réduire des individus à un simple fait technologique c'est assez incongru. Suivant cette logique faudrait arrêter avec le cinéma vu que ce sont que des images truquées sur pellicule qui défilent (je viens du tiers-monde on en est encore aux bobines de fil...je rigole). Alors j'ai tort d'avoir le barreau devant la poitrine de Gianna Michaels ou le corps de Melody Jackson (publicité subliminale pour mes pornstars préférées) vu que ce sont que des images. Non, prends moi au sérieux mec, essaie pas de me prouver que ma vie est qu'une gigantesque fumisterie (bah en fait si...tout est faux, nos dirigeants nous prennent pour des cons, et d'ailleurs on l'est assez pour continuer à les élire, les Illuminati dirigent le monde et on mourra tous le 20 décembre), je ne m'en remettrai pas.

Plus sérieusement un forum est une espèce de version condensée de la société dans ce que ça a de parfois pire vu qu'on se connait pas, qu'on s'en fout les uns des autres (enfin il parait, il y a tout de même des tordus qui passent leurs soirées à rechercher les Facebook des inscrits et certains s'y font parfois de vrais amis) et qu'on peut presque tout dire du moment que le boss du board le permet. Résultats de bonne tranche de rigolade mais surtout le terrain d'expression de la version 2.0 de nous-mêmes, le clone façon Tron de nos sales petites personnes qui est tout ce qu'on n'est pas. A ce titre les travers propres aux personnes restent présents dont la fameuse et fâcheuse tendance à chouiner pour un rien façon cour de récré ou pilier de bar. Administrer un forum c'est la plupart du temps passer le clair de son temps à se prendre la tête pour des soucis techniques et se préoccuper du contenu proposé, mais surtout essayé de rester cool devant les messages fantaisistes des membres et leurs plaintes. A lire presque tous les membres de forums et autres commentateurs, les staffs ne font jamais rien, ne servent à rien et sont imbus de leur pouvoir. Mouais. Dans le même temps ces mêmes membres sont les premiers à se plaindre dès que des mesures restrictives sont mises en place, fomentant même des révolutions de board aussi stupides qu’inopportunes. 

Et oui être administrateur de forum c'est pareil qu'être un élu. Etre le seul à savoir vraiment de quoi il retourne et de comment tout tourne à l'ombre des regards et caméras, être la cible de toutes les critiques pour un rien, ne pas avoir le droit d'user de second degré, passer son temps à prendre sur soi et ne pas répondre aux billevesées pondues par des mecs qui se croient trop intelligents. Comme dans la vraie vie quelques topics servent à refaire le monde, à stigmatiser tout ce qui ne va pas dans la gestion de l'outil et à l'image des débats télévisés finissent par brasser plus de merde qu'autre chose. Tout ça il faut s'y faire, encaisser encore et toujours sous peine de passer pour un râleur qui ne supporte pas la critique (oui, comme si c'était important) et se retenir de répondre aux propositions les plus fantaisistes. Oui c'est ça la vie d'administrateur, un ersatz de vie politique dans lequel on a au moins le droit d'insulter une fois en passant le public (en politique ont les encule, c'est encore plus distrayant...). Bon allez faut que je vous laisse à présent, je dois trouver une explication bidon à fournir à un boulet qui a toujours pas pigé que je l'ai banni parce que je ne l'aimais pas (j'aime que les pornstars et chier sur tout le monde de toutes façons). Peace.

jeudi 5 janvier 2012

Quand le chômage touche les élites



C'est peu de choses de dire que la crise affecte tout le monde (je viens de jeter un coup d'oeil à mon relevé bancaire et ça me file des envies de suicide) et qu'on se demande tous dans quel état on s'en sortira. Ce qu'on sait moins est que même les plus hautes sphères sociales en subissent les contrecoups. Je ne vous parle pas ici des grands patrons qui s'arrachent les cheveux à chaque fluctuation boursière, mais de leurs plus fidèles sbires jusqu'alors (tout au moins dans le patronat français): les diplômés des grandes et prestigieuses écoles qui font la fierté de la douce France (Polytechnique, ENA, HEC et j'en passe). Si vous ne voyez toujours pas qui c'est ben ce sont ces PDG avec Bac+7 à 10 grassement payés et qui se faisaient jusqu'alors le devoir de faire de vos vies de modeste exécutant un enfer. Ben oui ce sont le plus souvent eux qui décident du futur des entreprises, qui se chargent du sale boulot (licenciements économiques, délocalisations...) et encaissent des golden parachutes une fois que quelques dizaines de vies ont été détruites.

Et pourtant ces hauts diplômés qu'on a tendance à considérer comme privilégiés ont aussi leurs misères. En effet ils commencent de plus en plus à connaitre les affres du chômage, une situation inédite pour la plupart d'entre eux qui ont le plus souvent même pas eu à chercher un emploi une fois leur formation achevée.  Revenant plutôt cher aux entreprises, ils n'ont cette fois pas été épargnés par les politiques de redressement économiques et ont eu aussi reçus des lettres de licenciement comme nous avons tous peur d'en recevoir (Ok c'est pas pareil que si je me fait virer moi, mes indemnités resteront ridicules comparées aux leurs). Commence alors la traversée du désert et la difficulté à se trouver un nouvel emploi. Dans cette période de crise peut sont prêt à investir des centaines de milliers d'euros sur un seul individu, fusse t-il archi-compétent. De plus ces hauts cadres n'ont pas l'habitude de chercher du boulot et ont donc énormément de mal à se vendre lorsqu'il s'agit de convaincre un futur employeur. Résultat ils éprouvent les pires difficultés à rebondir en ce moment en cas de perte d'emploi. C'est même devenu moins évident pour eux d'en trouver dès la sortie de leurs prestigieux établissements, chose qui serait totalement invraisemblable il y a encore quelques années. 

Bon les mauvaises langues argueront que ce retour de flamme est bienvenu pour ces individus souvent imbus de leurs connaissances, suffisants et sans empathie. Toutefois ça fait plutôt réfléchir un peu sur l'importance à accorder à ce statut de haut diplômé issus des grandes écoles. Mieux vaut aujourd'hui avoir une équipe de cadres supérieurs plutôt qu'un de très haut niveau forcement surpayé qui ne sera pas plus efficace. Dans le fond la question est de savoir ce que valent encore ces écoles présentés comme le fleuron de la formation. Cette politique de l'élitisme sert pas nécessairement le pays et encore moins les individus qui en sont le produit. Dans l'état actuel des choses en sortir ne garantit rien et vu comment on en bave pour y arriver, il y a de bonnes raisons de se demander si cela en vaut la peine. La méritocratie est morte en entreprise quoiqu'on dise et actuellement le plus important est de bénéficier de bons pistons sinon pas la peine de rêver.  Une situation qui est déjà celle qui à court dans les pays en développement où l'on est considéré comme sur-qualifié une fois que la plupart des employeurs ne peuvent s'aligner sur les prétentions salariales. Dans ces conditions mieux vaut avoir une formation basique et compenser avec une énorme expérience acquise sur le terrain plutôt que de sortir avec un gros diplôme et se croire à l'abri des tracas d'emploi. Bon il faut que je vous laisse, je dois faire un cunnilingus à ma patronne pour passer l'hiver au chaud alors que elle aura toujours une super allocation chômage si tout s'arrête demain. Chienne de vie.