C'est peu de choses de dire que la crise affecte tout le monde (je viens de jeter un coup d'oeil à mon relevé bancaire et ça me file des envies de suicide) et qu'on se demande tous dans quel état on s'en sortira. Ce qu'on sait moins est que même les plus hautes sphères sociales en subissent les contrecoups. Je ne vous parle pas ici des grands patrons qui s'arrachent les cheveux à chaque fluctuation boursière, mais de leurs plus fidèles sbires jusqu'alors (tout au moins dans le patronat français): les diplômés des grandes et prestigieuses écoles qui font la fierté de la douce France (Polytechnique, ENA, HEC et j'en passe). Si vous ne voyez toujours pas qui c'est ben ce sont ces PDG avec Bac+7 à 10 grassement payés et qui se faisaient jusqu'alors le devoir de faire de vos vies de modeste exécutant un enfer. Ben oui ce sont le plus souvent eux qui décident du futur des entreprises, qui se chargent du sale boulot (licenciements économiques, délocalisations...) et encaissent des golden parachutes une fois que quelques dizaines de vies ont été détruites.
Et pourtant ces hauts diplômés qu'on a tendance à considérer comme privilégiés ont aussi leurs misères. En effet ils commencent de plus en plus à connaitre les affres du chômage, une situation inédite pour la plupart d'entre eux qui ont le plus souvent même pas eu à chercher un emploi une fois leur formation achevée. Revenant plutôt cher aux entreprises, ils n'ont cette fois pas été épargnés par les politiques de redressement économiques et ont eu aussi reçus des lettres de licenciement comme nous avons tous peur d'en recevoir (Ok c'est pas pareil que si je me fait virer moi, mes indemnités resteront ridicules comparées aux leurs). Commence alors la traversée du désert et la difficulté à se trouver un nouvel emploi. Dans cette période de crise peut sont prêt à investir des centaines de milliers d'euros sur un seul individu, fusse t-il archi-compétent. De plus ces hauts cadres n'ont pas l'habitude de chercher du boulot et ont donc énormément de mal à se vendre lorsqu'il s'agit de convaincre un futur employeur. Résultat ils éprouvent les pires difficultés à rebondir en ce moment en cas de perte d'emploi. C'est même devenu moins évident pour eux d'en trouver dès la sortie de leurs prestigieux établissements, chose qui serait totalement invraisemblable il y a encore quelques années.
Bon les mauvaises langues argueront que ce retour de flamme est bienvenu pour ces individus souvent imbus de leurs connaissances, suffisants et sans empathie. Toutefois ça fait plutôt réfléchir un peu sur l'importance à accorder à ce statut de haut diplômé issus des grandes écoles. Mieux vaut aujourd'hui avoir une équipe de cadres supérieurs plutôt qu'un de très haut niveau forcement surpayé qui ne sera pas plus efficace. Dans le fond la question est de savoir ce que valent encore ces écoles présentés comme le fleuron de la formation. Cette politique de l'élitisme sert pas nécessairement le pays et encore moins les individus qui en sont le produit. Dans l'état actuel des choses en sortir ne garantit rien et vu comment on en bave pour y arriver, il y a de bonnes raisons de se demander si cela en vaut la peine. La méritocratie est morte en entreprise quoiqu'on dise et actuellement le plus important est de bénéficier de bons pistons sinon pas la peine de rêver. Une situation qui est déjà celle qui à court dans les pays en développement où l'on est considéré comme sur-qualifié une fois que la plupart des employeurs ne peuvent s'aligner sur les prétentions salariales. Dans ces conditions mieux vaut avoir une formation basique et compenser avec une énorme expérience acquise sur le terrain plutôt que de sortir avec un gros diplôme et se croire à l'abri des tracas d'emploi. Bon il faut que je vous laisse, je dois faire un cunnilingus à ma patronne pour passer l'hiver au chaud alors que elle aura toujours une super allocation chômage si tout s'arrête demain. Chienne de vie.
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